art contemporain
 
Accueil

Artistes de la galerie

Historique

Exposition actuelle

Exposition à venir

Expositions passées

Artistes invités

Contact

Jean-Louis PERROT

Sueño furtivo, fer-acier-plomb, 29 x 65 cm,  2015

Né à Genève en 1953.


Pièce dense

Notre perception, pour singulière qu’elle puisse nous paraître n'en est pas moins commune; c’est ce qui rend l'art intéressant.

Plus qu’un matériau, c’est le bricolage qui est ma pratique de prédilection, je le trouve infiniment fécond quand on l'invite à décrire le monde.
Le bricolage est respectueux à l’égard du métier séculaire mais se met à bâiller quand celui-ci parle d’excellence, se parant des palmes académiques.
Le métier ne supporte pas l’échec alors que le bricolage l’envisage comme une opportunité.
J’aime l'idée que ma pratique soit pétrie d’échecs, d’éclectismes et que ceux-ci m’aident à cerner mon désir, procédant par élimination, le but n’est pas rien. 
Trafalgar évoque certainement quelques navires aux prises à boulets rougis dans des bouffées de fumées et des craquements terrifiants et la roue sur les rails, trafalgar, trafalgar !
 
Quand Émile Hébrard est arrivé à la ferme de Malataverne les médecins lui donnaient six mois à vivre, « condamné » disaient-ils.
C’était la conséquence des sévices subis dans un camp de concentration. Etait-il juif, syndicaliste, communiste je n’ai jamais précisément su ce qui l’avait amené là.
Il chantait, sifflait, Cadet Roussel…apprend l’orthographe pour faire lui même son épitaphe, mais parlais peu, avec lui on devinait les choses… C’était un initiant.
Finalement le temps qu'on lui donnait était trop juste à son goût, l'insolent déroba trente années de vie supplémentaires...
Sa perspicacité rompait le mystère de tout ce qui se façonne, s’assemble et fonctionne, faisant tout d’un rien mais de l’art n’en avait que faire. 
Aucune superstition chez cet homme, si la statue venait à saigner, aussitôt il la disséquait et ramenait le prodige à sa dimension terrestre.
Sachant que même quand il est humain le sang est le meilleur engrais qui soit. Précieux liquide qui abreuve pourtant tant de sillons stériles.
Il avait survécu aux pires insanités que son époque inventait pour soumettre les pauvres gens à l'exploitation, sa survie était sa révélation, son évasion, un jour il me montra ce long numéro tatoué sur son avant-bras, il n’ajouta rien de plus sur le genre humain, mes huit ans me valaient le privilège de recevoir sa confidence.

ll m’a fallu du temps pour réaliser à quel point Isidore, comte de Lautréamont donne les clés de l’art auquel j’aspire, et même, une certitude de l’art.
Je suis lent…Sait-on toujours tôt à quel art on aspire ?
Dédale est pris entre l’exigence de l’emphase olympique et le charme serein de l'instant profane, celui de la vie quotidienne. J’imagine qu’il renonce finalement (contre toute attente) à inventer son fameux "tour de la fourmi", considérant que le défi est vain, laissant cela au prestige-dictateur, sachant que demain ne retiendra probablement qu’un fil presque invisible de ce qui se tisse péniblement aujourd’hui, mieux vaut changer la vie, transformer le monde, parer au plus pressé.
Milton aujourd’hui dirait enfin; «  seigneur, si l’or est la règle je ferais de la poésie un autre jeu ».
L’œuvre naît avec la poussière de charbon prise dans la rugosité de la roche ou du papier, c’est bien avant que ne s'impose la fresque grandiloquente, terre ou fil de fer, qu'importe l’airain.
Et la demeure d’Etienne Martin, car Malataverne enfin !
Dans un geste de désespoir, insolent ou de pure insouciance, avec Émile, nous fracassons une idole..., la mort ne vient pas, l’indifférence non plus.
Finalement nous préférons jouer à trouver l’équilibre pour ensuite le troubler comme le fait un caillou jeté à la surface d’une mare *.
Faire n’est pas insignifiant, le processus importe et le but n’est pas rien.

Cette Victoire qui un jour me fascinait, inaccessible, postée là en haut de l’escalier -prestige-dictateur- quel bonheur de la retrouver dans ce clou rouillé sous ma chaussure. De plus, le temps comme le feu ou la frappe, matière se transformant, le chapeau fuyant de Joseph Beuys, libère le pied de la statue; la chaine enfin rompue, voyez comme elle court, en apesanteur enfin. Voyons sa trajectoire… Jusqu’où ira-t-elle ?.
Peut-être bousculerat-elle au passage ces automates de Pierre et Henri-Louis, artisans inspirés du siècle des lumières, ancêtres que je ne veux oublier, pas plus que je ne veux oublier cette si belle indienne Huicholes qui heureusement ou malencontreusement, se retrouva dans les bras d’un colon britannique, quelquepart là-bas, à la frontière de la Sierra Madre.
Car enfin j’aime que; Deux corps s’attirent proportionnellement à leur masse et à l’inverse du carré de leur distance, comme une belle poésie, peut-être même que l’étoile qui s’effondre sur elle même gagnant en densité c’est La Poésie.
Jusqu'ou ira-t-elle ?  
Le chasseur-cueilleur, ne tarde pas à débusquer ce qui se cache derrière la forme, il prend son temps…d’autant que lui le temps travaille à exhumer, ce que celui qui est resté à Malataverne, sût tôt à jamais, au privilège d'une confidence.

J-L P
*in «  L’artiste et son modèle », film de Fernando Trueba, 2013


Formes et circonstances

Par Claude-Hubert Tatot

Jean-Louis Perrot travaille le fer, il soude, ajoure, façonne, troue, construit et assemble...

...Solide et dense ou fragile et ajouré, le fer brut ou travaillé, rouillé, poli ou grenu, prend corps. 
Les ressorts bien roulés d'un matelas deviennent une silhouette de femme, des tiges assemblées dessinent les membres inférieurs d'un homme, sur la structure tubulaire d'une chaise des plaques incurvées et trouées campent un corps assis. 
D'autres assemblages, une sphère attachée à quatre pieds par un étau, une autre fixée à un rail dentelé semblent sortis d'un hypothétique atelier de mécanique. Une couronne de feuillages, une cosse enroulée, trouée et suspendue évoquent le végétal.
 Orfèvre en la matière, Jean-Louis Perrot puise ses motifs dans des univers variés et contrastés. Les formes industrielles et végétales, féminines et viriles sont convoquées tour à tour ou ensemble selon les circonstances de la vie. Glaneur, Jean-Louis Perrot reprend en seconde main et métamorphose en matière première ce que d'autres ont jeté. Il récupère le matériau comme on se récupère d'une mauvaise chute, pour que rien ne se perde et que tout se transforme et se recrée...

 

Sculptures – dessins

Texte Perrot-Françoise-Helène Brou

« La légèreté naît de la pesanteur et réciproquement », cette réflexion extraite des Carnets de Léonard de Vinci montre combien la question de la chute des corps préoccupe artistes et savants depuis des générations. Le désir d’échapper à la pesanteur exprime en effet un profond rêve de sublimation auquel reste lié le cauchemar de la chute, car si Dédale et son fils échappèrent au labyrinthe minautorien par le prodige d’une mécanique ailée, la perversion scientifique conjuguée à celle du jugement individuel précipitèrent Icare au royaume des morts.

Les sculptures de Jean-Louis Perrot illustrent à leur manière cette dialectique entres les lois fondamentales de la matière et celles de la psyché humaine ; son expression se fonde d’abord sur une connaissance approfondie de la structure interne des corps, obtenue à travers le dessin. Puis avec son langage du fer, il traduit en trois dimensions les images nées sur le papier. Cette démarche académique guide l’artiste vers un dépouillement formel extrême et ne subsistent alors dans ces œuvres aériennes plus que les parties actives de la masse, les noyaux durs d’énergie assurant un transfert immédiat de la sensation au signe plastique. Toute idée de pensateur s’est volatilisée pour faire place à une écriture linéaire où arabesques et volutes jouent à redoubler leurs biomorphismes dans les contrastes de l’ombre et de la lumière. Suggestion fugitive de l’écoulement du temps aussi par les mouvements de ballerine des fers tendus qui réaniment en nous ce vertige de n’être qu’un point fragile suspendu dans l’univers.


D'autres oeuvres sont visibles sur le site : www.jean-louis-perrot.ch

Video Jean-Louis Perrot, Métabolisme d'une montagne, Sierre, 2017

Video Jean-Louis Perrot - Art Genève 2016 - Galerie Rosa Turetsky


Expositions personelles (sélection)

2016* Equilibres, mouvements trajectoires et narrations, Kaminska & Stocker, Yverdon-les-Bains. 2015 * Galerie Rosa Turetsky * 2014/2015 * Le Parc Habité, Villa Dutoit, Genève * 2003 * Galerie Rosa Turetsky, Genève * 2000 * Galerie Rosa Turetsky (catalogue), Genève  * 1998 * Galerie 50 m2, Genève * 1997 * Galerie Brot und Kase Soral * 1994 * Galerie Maison des Jeunes, Neuchâtel * 1993 * Galerie Kara (plaquette), Genève *  Galerie Brot und Kase Soral * 1991 * Galerie Cobra, Paris Galerie Maison des Jeunes, Neuchâtel * 1990 * Galerie Michel Reymondin (plaquette), Genève *

Expositions collectives (sélection)

2017 Artgenève/Sculpture, Quai Wilson, Genève Artgenève, Galerie Rosa Turetsky, Genève 2016* Art Genève, Galerie Rosa Turetsky, Genève 2015 * La Systematique des Choses, La Parfumerie, Genève * 2014 * Expo-Soral, Genève * 2013 * Galerie Brot und Kase, Soral, Genève * 2010 * Espace Brignolles, avec Yvonne Zbinden, Grandvaux-VD * 2003 * Ousman Dia et Jean Louis Perrot, Galerie N'Dajes, Morges, Suisse * Expo-Soral, Genève * Traverse, (a la rencontre d'une delegation d'artistes japonais, Villa Dutoit, Genève * « TGD/3 », au Musée Ifan de Dakar, Sénégal * 2002 *« L´art des Jardins », Parc ST-Cloud, (sculpteurs suisses invités) Paris  *  Sculpture dans la Ville, Yverdon-Les-Bains,VD  *  Art Brussels, galerie Rosa Turetsky, Bruxelles-Belgique Galerie Courrant d'Art, Cheveney (JU) 

Art dans l'espace publique

2010 * Sculpture monumentale et animation de l’esplanade pour le Bureau d´Affaires Touristiques à Vercorin en Valais * 2003 * Onze pieces destinées au  « Sentier didactique du pétrole » pour la commune de Vernier/GE * 2002 * Installation de  » ARUNDO PENSANT  » Dans le Jardin Japonais  de la ville d´Yverdon-les-Bains * Sculpture pour le 20e anniversaire de l´IDHEAP, (institut de hautes études en administration publique) Lausanne * 2004/2001 * Objets de référence de la journée cantonale Genevoise à l´exposition nationale de 2002 dans le Rhône entre le pont des Bergues et le pont de la Machine, commande du DAEL/GE * 1998 * Sculptures pour les trois entrées de l´immeuble résidentiel « LE VIEUX FLORISSANT » chemin de Normandie-Genève  * 1995 * Sculpture monumentale devant le centre de loisir de Thônex, « De la liberté » commande associée de la ville de Thônex et du fond cantonal de décoration GE pour le centre de loisir de Thônex, Genève * 1992 * Commande du fond cantonal de décoration/GE, animation visuelle en collaboration avec Brigitte Aymon dans un bâtiment EMS «les jardins du Rhône» à Genève * 1981 * Sculpture monumentale pour le Bureau d´Affaires Touristiques à Vercorin en Valais *

 


   
   
 
   
   
   
   
© galerie 2014 Galerie Rosa Turetsky - 25 Grand' rue - CH-1204 Genève TEL - 0041 - (0) 22 310 31 05 - email:galerie@rosaturetsky.com - Heures d'ouverture: ma-ve 14h30 - 18h30 sa 10h - 12h et 14h - 17h