Série Plafonds, photographie





 


 

 

 

José Maria ALBIOL
Vit et travaille à Genève, Suisse

Chaque toile de José Albiol retient, sans les cacher, un espace et une durée. Bien plus que l’espace d’une surface mate et bien plus que la durée d’un geste.

Des pigments ont teinté une toile.
Et la toile et les pigments sont entrés en résonance avec les lumières et les ombres.
Échos d’un rouge avec cet autre rouge, d’un mauve disparu avec cet autre mauve perlé de gris.
D’un bleu, encore un bleu. Un bleu de ciel infini, un nocturne sans étoiles, ligné
d’un bleu du matin.

Ici, les couleurs rêvent et celui qui s’y perd, entraîné dans une traversée onirique,
caresse un velours ayant absorbé les tons.

Lentement, affleurent quelques ombres tapies et quelques traces plus claires.

Toute couleur contemplée longuement éveille le sens de la mémoire.

Parce que la couleur est belle.
Parce que les couleurs sont belles.
Parce que la couleur vibre sourde et silencieuse.
Parce que les couleurs pulsent, ondulantes et soyeuses.
La couleur monte et se retire.
Les couleurs se glissent entre le mur et l’air.

Toute couleur contemplée longuement prend vie. Révèle sa nature. Elle repousse
le monde ou l’accueille. Elle s’impose ou s’oublie, elle s’envole ou s’appesantit.
Son tempérament reflète alors inéluctablement le nôtre, l’aiguise, l’apaise ou le froisse.

À la détrempe, les pigments ont imbibé la surface, ont séché, ont rendu les limites incertaines.
Les températures se sont mêlées, comme toutes ces années passées,elles ont trempé le caractère.

Par les couleurs qu’elles retiennent entre le mur et l’air, chaque toile de José Albiol
suit de sa présence celui qui s’y est perdu, défiant les secrets du regard.
Expliquant le monde comme le font les parfums et les sons.

Plurielles, ces teintes sont devenues singulières.
Aussi vraies et impalpables que le souvenir.

Mayte Garcia Julliard

 

©Galerie Rosa Turetsky