Philippe BARDE
Installation - Sculpture

…L’attitude créative de Philippe Barde révèle des caractères typiques de nos obsessions d’aujourd’hui : la volonté d’inscrire une production entre réalité et virtualité, le soulignement de la mobilité obligatoire, l’intuition d’une mutation constante des êtres et des choses. Sa quête de contemporanéité va jusqu'à reformuler au quotidien les conditions de son travail, par une remise en question des gestes, par des fréquents délocalisations spatiales de son activité – en Hollande, au Japon récemment en Chine – afin de mieux comprendre les savoirs en vigueur, pour mieux détourner ainsi les mécanismes et préjugés inhérents à toute activité artisanale de tradition ancestrale….

….L’œuvre de Philippe Barde est si concentrée à dévoyer les frontières de la nature et de l’artifice qu’elle arrive a renouer avec les permanences souterraines d’un art de suggestion – à la fois cérébral et tactile en s’opposant pourtant définitivement à la pure représentation. Autant des problématiques posées que le lien entre art et nature va toujours de soi. Preuves stimulantes également que le meilleur de l’art d’aujourd’hui est encore capable de provoquer notre émotion, de nous subjuguer.

Extraits du texte P. Barde, Archétype ambigu Frédéric Bodet - Musée des Arts décoratifs, Paris

Osciller entre maîtrise et non-maîtrise, c’est jouer avec les extrêmes. Le va-et-vient que cela engendre s’appelle la vie, car dès que les dés sont joués, l’ennui s’installe. Contradiction et complexité sont deux notions que Philippe Barde accepte volontiers. Elles sont dans la ligne de tout ce qui précède. Ce n’est finalement qu’une question de prise de position. Tout ce qui importe, c’est de faire des choix, d’être dans ce qu’on est. Etre soi-même un peu mieux chaque fois, sans tricher, sans bluffer, et, par cette voie, espérer être compris. Si l’art est chose dans laquelle quelqu’un s’investit totalement, alors Barde en fait partie, sincèrement.

Extrait du texte Tous semblables, tous différents – Michèle Baeriswyl - Descloux

©Galerie Rosa Turetsky