TGV Paris/Genève 11, tirage lambda sur papier100 x 133 cm





 


 

 

 

MARIE FRECHETTE
Photographies

Né en 1945 au Québec, vit et travaille à Genève, Suisse

Au premier plan, l’ombre, la terre, la route d’un parcours qui assoit un paysage rapidement traversé, capté par la vitre d’une voiture ou la fenêtre d’un train. Sur ce socle s’étagent les vallonnements structurés par les nuances de la lumière, courbes douces des champs, arêtes plus affirmées qui dessinent les vallées, modulation des crêtes et des cimes qui ondulent sur le plan du ciel, telles des phrases musicales qui ne s’interrompent que pour mieux renaître.
Au plan médian, un jeu de clair-obscur, troué par moments par d’éclairs blancs, de tracés d’une telle intensité qu’ils en deviennent des sortes de calligraphies de lumière, l’écriture de la vitesse, une réminiscence rétinienne.
Au plan lointain, le ciel, la lumière éthérée qui coule sur le paysage, le révèle pour mieux le transformer, le métamorphoser. Est-ce l’aube ou le crépuscule qui tantôt l’éclaire de bleu, le nuance de rose, tantôt le voile de gris ? Qu’importe, le voyage se poursuit d’un pays à l’autre, s’interrompt le temps d’une halte, reprend aussitôt comme le parcours d’une vie.
Ici et là, des pylônes signalent une présence urbaine dans ces paysages inhabités. Des arbres dénudés leur répondent, griffant le ciel, seuls éléments verticaux dans l’architecture d’une nature soumise à l’horizontalité par la vitesse.
Images numériques, les " peintures de paysage " de Marie Fréchette ouvrent à un nouveau regard. À l’opposé des " arrêts sur images " qui procèdent d’une séquence continue, ses œuvres s’inscrivent dans un discours discontinu, chacune constituant un tableau en soi. Toutefois, elles ne ressortissent pas à la pure tradition de la peinture d’atelier. Issues d’une prise de vue, elles sont recadrées et leur caractère éphémère – la vision d’un instant, d’un instantané – est souligné par le travail sur la couleur qui leur confère structure et densité.
Entre photographie et peinture, croquées " sur le vif ", ces images sont ce qu’il conviendrait d’appeler des " lavis photographiques " ; elles s’inscrivent dès lors dans la pratique des peintres de plein air. Mais Marie Fréchette, peintre, a troqué ses pinceaux contre l’ordinateur.

Claude Ritschard

Expositions individuelles
1975-2005 Montréal, Québec, Trois-Rivières, Liège, Bruxelles, Genève
Expositions collectives
1975-2005 Montréal, Longueil, Trois-Rivières, Québec, Shawinigan, Banff(Alberta),Bradford(USA), Toronto, Hull, Pointe-Claire, Bordeaux, Nantes, Angers, Paris, Nyon, Genève.

 

©Galerie Rosa Turetsky