Is your journey really necessary?
2007, Aluminium, 19x35cm

 
 
 
 
 

Why China ?

Depuis ses débuts, la culture chinoise procéda autrement que le reste du monde : la Chine ne créa pas de mythe d’origine et, initialement, ne connaissait ni le théâtre ni d’autres structures narratives marquantes ; elle ne développa pas de fantaisies théistes, aucune chronologie dominante, pas d’histoire dans notre sens, pas de tradition mimétique, pas d’ontologie … Par conséquent, la pensée et l’action chinoises ne résultent pas d’une idée ou d’un plan, mais s’orientent à la réalité même. On observe le penchant des choses en profitant du potentiel de la situation. Toute action est immédiate et prend en compte l’état actuel de la réalité, et non pas des modèles prédéfinis ou encore des dogmes.
L’Occident apprend à connaître la formule magique qui correspond à cette conception : wu wei, le non-agir, préconise de se laisser emporter par le courant au lieu de s’obstiner à suivre des plans ou des concepts qui, de toute façon, ne peuvent pas s’adapter au véritable cours de la vie. La formule chinoise entière s’appelle wu wei er wu bu wei – ne pas agir, pour que tout soit fait ! L’efficacité qui en résulte est souvent supérieure à l’intentionnalité et à la logistique occidentales.
Un moment donné, en parlant avec des amis asiatiques, j’ai remarqué une affinité qui, tout d’abord, semble paradoxale : la Chine et l’art (contemporain) sont des parents proches ; l’art n’argumente pas, n’analyse pas – elle (dé)montre ! L’art ne suit pas de grammaire supérieure et contraignante. Comparées aux discours conceptuels, ses énonciations sont souvent souples et imprécises, comme dans la langue chinoise ! Le chinois ne connaissant pratiquement pas de syntaxe, il paraît beaucoup plus ouvert, plus ludique, plus fluide que les langues occidentales. Une chose, par exemple, dong xi en chinois, se retraduit Est-Ouest. Cette chose-ci n’est pas un objet aux contours nets, tranchants, se limitant à ses extrémités. Au contraire, elle n’a presque pas de substance. Cette chose, toute chose, tout aspect de la réalité est considéré plutôt comme un processus, un mouvement, un potentiel ouvert.
Ceci promet une efficacité élevée et … de la poésie, même dans les moments profanes de la vie quotidienne. La pensée visuelle chinoise est malléable, ouverte et moulante. Ce qui est incompréhensible aux yeux de l’Occident, c’est que l’art Chinois a même le droit d’être fade. Un critique littéraire a écrit ceci : Une fois de plus on constate qu’il est des plus difficiles de composer un poème plat et fade. L’œuvre d’art discrète, " fade ", n’anticipe pas le va-et-vient de la vie ; elle ne se plaît pas dans des mises en scène qui s’imposent devant la réalité, pour la dépasser ou pour la couvrir, au contraire, elle s’ouvre au réel. En définitive, ne faut-il pas s’interroger si l’art voile le monde – ce qui serait son échec – ou s’il le laisse seulement libre ? C’est là que se croisent les visions de l’Extrême-Orient et de l’Occident.

Why China ? Parce que l’art et la Chine sont des frères siamois, en quelque sorte.

Leo Zogmayer

PS : Je suis loin de prétendre que mes observations coïncident toujours avec ce qui se passe actuellement en Chine. Pour moi, la Chine est plutôt une métaphore pour décrire une position, une mentalité qui n’est point limitée à l’Extrême-Orient. En outre, l’affinité surprenante entre le regard chinois et le celui de l’art (contemporain?) me plaît. Sans doute, risquer un regard " à la chinoise " s’avérerait productif : faire " un détour par la Chine ", tel que le préconise le philosophe français François Jullien, avant que les Chinois aient oublié ce qui les a rendus aussi flexibles, productives, sereins, insaisissables et rusés.

 

CV

Expositions Personnelles (sélection)
2009 Saalfelden, NEXUS Kunsthalle, WHY CHINA (II)
2008 Geneva, Galerie Rosa Turetsky and pieceunic art contemporain, Why China?
2008 Oviedo, Galeria Vertice, Is your journey really necessary? (II)
2007 Vienna, hilger contemporary, Is your journey really necessary?
2006 Krems, Kunsthalle, schön
2006 Freising, Dombergmuseum, Wort-Ding-Bild
2005 Vienna, hilger contemporary, Neither
2005 Linz, Galerie Halle, Die Welt ist in Ordnung
2005 Krems, Galerie Göttlicher, nothing is visible - nothing is invisible
2004 Geneva, Galerie Rosa Turetsky
2004 Helsingborg, Galerie Carin Hjärne
2003 Basel, Galerie von Bartha, Beautiful
2003 Vienna, artLab, Now
2002 Oviedo, Galeria Vertice
2001 Marburg, Kunstverein, No Image
2000 Bratislava, Galéria Medium, Space Colour Text
2000 Frankfurt, Dommuseum, Feind Bild
2000 Passau, Museum of Modern Art, Space Colour Text
1998 Klagenfurt, Künstlerhaus, Anikon
1994 Krems, Kunsthalle Krems
1991 Salzburg, Rupertinum
1991 Vienna, Museum of Modern Art Collection Ludwig
1991 Essen, Museum Folkwang
1988 Köln, Art Terminal St. Peter
1988 Vienna, Galerie Hilger
1986 Utrecht, Hedendaagse Kunst
1986 Graz, Kulturhaus

Expositions Collectives (sélection)
2008 Vienna, Künstlerhaus, ZEITRAUMZEIT
2007 Eisenstadt, Castle of Esterházy, Central Europe Revisited I
2007 Lilienfeld, Monastery, Ferne Nähe
2006 St. Pölten, State Museum, Spektrum Farbe
2006 Salzburg, Sala Terrena, Human Touch
2005 Caraglio, Il Filatoio, Chronos – Il tempo nell'arte
2005 Horn, Kunstverein, Skizze/Werk, Bildhauerei in Österreich nach 1945
2005 Spittal an der Drau, Galerie Schloss Porcia, nach.schau
2005 New Delhi, Lalit Kala Akademi, 11th Triennale India
2004 Basel, Galerie von Bartha, The Languages of Images – The Images of Language
2003 Vienna, Palais Harrach, Artcuts
2002 Warsaw, National Museum, Semiotic Landscape
2001 Vienna, Museum of Modern Art Collection Ludwig, Discursive Painting
1999 Graz, Regional Museum Joanneum, The Colours Black
1998 Vienna, Künstlerhaus, Pinx.
1996 Essen, Museum Folkwang, Positions – Journey to the Borders of Painting
1994 Salzburg, Rupertinum, Wotruba and Consequences
1992 Vienna, Museum of the City of Vienna, Images of Death
1992 Los Angeles, Convention Center, Radical Surface
1990 Toulon, Musée de Toulon, Vienna Today
1989 Ljubljana, Moderna Galerija, Grafikbiennale
1987 Brussels, Palais des Beaux Arts, Face à face

Projets, Art en espace publique, Art et Architecture
2006 schön, poster project, Vienna and Lower Austria
2004 Text sculpture, University of Tübingen. Architecture: Nickl+Partner
2004 St. Andreas, Mitterkirchen. Architecture: Thomas N Pauli
2003 Landmarks (frames), Krems, Lower Austria
2003 Karmel, Innsbruck + Thomas N Pauli. Architecture: Margarethe Heubacher-Sentobe
2003 Art / Landscape, St. Veit, Salzburg + Thomas N Pauli. Architecture: Erio Hofmann
2001 Tervurenlaan, Brussels. Architecture: Catherine de Bie
2001 St. Franziskus, Bonn. Architecture: Karl Band / Re-creation: Dieter Baumewerd
2001 Interventions, Foyer Wimbergergasse, Vienna. Architecture: Delugan und Meissl
2001 FREI (FREE), text sculpture, government quarters, St. Pölten
2000 Installations, Y-House, Catskills, New York. Architecture: Steven Holl
1999 JETZT (NOW), text sculpture, Vienna. Landscape design: Ivancsics und Langenbach
1998 Church interior design, Aschaffenburg. Architecture: Roland Ritter
1995 Kontemplum, architectural sculpture, Sonnenhausen
1991 Pasta was it, photo installation, Geras

Publications (sélection)
Is your journey really necessary? / Leo Zogmayer
Catalogue Galerie Vertice
Text: Fernando Castro Flórez
Oviedo 2008
schön / Leo Zogmayer
Catalogue Kunsthalle Krems
Krems 2006
Leo Zogmayer. Wort-Ding-Bild
Catalogue Dombergmuseum Freising
Texts: Peter B. Steiner, Karl Baier
Freising 2006
Leo Zogmayer
Catalogue Galéria Medium, Bratislava and Museum of Modern Art, Passau
Texts: F. X. Baier, Mária Orisková
Bratislava 2000
Leo Zogmayer. Linked Divorces
Catalogue
Text: Rainer Fuchs
Klagenfurt 1997
Leo Zogmayer, Sculptures
Catalogue on exhibitions at the Museum of Modern Art, Vienna and Museum Folkwang, Essen
Texts: Gerhard Finckh, Lóránd Hegyi, Henriette Horny, Dieter Ronte
Vienna 1991

 

www.leozogmayer.com/