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Mars 2008
Veikko
Hirvimäki
D’où
viennent ces loups effarés qui semblent sortis d’une forêt,
comme les premières idoles grecques furent jetées par les
flots de la mer sur une plage déserte ? D’un bois mal équarri,
mais si savamment ajustées, quelles divinités s’incarnent
dans ces bêtes à l’affût lorsqu’elles forment
cette meute étrange, où, toutefois, le groupe peine à
rompre l’isolement d’un animal au port si humain ?
L’odeur de l’homme que redoute la créature sauvage
n’est-elle pas celle qu’elle porte déjà en elle
et qui annonce la déchéance du fauve et de sa dignité
? Veikko Hirvimäki génère ainsi une sculpture pour
évoquer des mythologies et invente à ses dieux barbares
des alphabets dont l’aspect rudimentaire cherche à défier
le statut des objets fabriqués, comme si l’assemblage préexistant
à leur invention. Dans l’espace où s’édifie
théâtralement ce bestiaire mythique, chaque loup dessine
un geste inconnu mais presque familier, dont on doit redouter seulement
qu’il n’imite des attitudes proches, trop proches des hommes
civilisés.
Jacques
Py, 2003
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