Du 11 mars au 3 mai 2008

Veikko Hirvimäki







Nouvel espace PIECEUNIC
50 rue des Bains
1205 Genève

"ahmanmaa", bois peint, 2005

Veikko Hirvimäki fait partie des quelques artistes finlandais qui ont dépassé les frontières de leur pays, paradoxalement, son inspiration est restée très liée à ses origines nordiques. Ce qui frappe d’emblée dans le travail de Veikko Hirvimäki, c’est le côté poétique et très personnel de son oeuvre. Ses sculptures ont toujours une base concrète : panoplie de vieux outils rudimentaires; épaves de bateaux; carcasse de maison, dont il ne reste que l’essence même de la chose qui a existé et qui se perpétue dans la mémoire, par cette trace devenue abstraite et quasiment immatérielle.
Veikko Hirvimäki choisit avec beaucoup de soin le morceau de bois qui a gardé de sa vie passée une certaine densité, couleur et expérience. En effet, les compositions en bois son très colorées naturellement, suivant le type d’arbre et le vieillissement : elles vont du noir mat à l’orange, en passant par tous les camaïeux de gris et de bruns.
De l’ensemble des pièces se dégage une vie intérieure intense qui est, comme la musique, faite de nuances mélodiques et rythmiques. Il fait ressortir de chacune d’entre elles l’usure des années, voire des siècles et le renvoie ainsi au fond des temps.
Toutes ses petites sculptures ont cependant un aspect monumental. Sans en avoir l’air, elles ont été l’objet d’une grande attention et d’un long cheminement.
Le sculpteur tente de rétablir le dialogue entre la vérité plus subjective des objets de l’enfance et la vérité plus objective, plus proche de l’archétype. Un enfant prend un morceau de bois et décide que c’est un bateau. Le bout de bois est véritablement un bateau pour l’enfant. Veikko Hirvimäki, lui, essaie de redonner cette foi enfantine en réorientant l’imagination, lui permettant de ramener à la surface des lambeaux de mémoire enfouis, tels des objets archéologiques.
Ses sculptures présentent des aspects bruts et non finis, qui sont comme des passages où l’imagination peut s’engouffrer et commencer à voyager. Elles sont comme des ombres qui laissent pressentir une réalité au-delà de l’objet lui-même, dans la mémoire de chacun.

Françoise Jaquetn


 

A partir du 5 novembre 2005, en dialogue avec la galerie s’ouvre un nouvel espace PIECEUNIC au 50, rue des Bains 1205 Genève. Un nouveau défi est de mise en gardant la même ligne, proposant des échanges, des débats autour d’une œuvre. Le but de la galerie n’étant pas de suivre une mode, mais d’affirmer une certaine singularité dans les choix, dans la recherche d’œuvres de qualité mais difficiles, tous médiums confondus.

©Galerie Rosa Turetsky 2002
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