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Laurent DE PURY  



Sans titre, 2015, divers bois , 170 x 350 x 35 cm



Exposition
05-07 - 06-13-2015
Oeuvres récentes

ART EN VIEILLE-VILLE - AVV

 

Aujourd'hui encore, le bois est la base de mon travail. J'engage un dialogue où se mêlent alternativement l'écoute et l'orientation faites au matériaux. C'est mon champ d'exploration. Les directions sont partiellement données. Les développements réalisés sont distincts mais offrent une constante: ils sont en partie prédéterminés. Je me considère comme un promeneur qui déplacerait au gré du cheminement les repères d'orientation. Restituer l'angle sous lequel on regarde un objet, un environnement, c'est créer un déplacement, un décalage indispensable à la stimulation de nos conventions de lecture...

(Laurent de Pury)

Dans la jouissance protéiforme qu'offrent les champs de l'Art d'aujourd'hui, la notion de mémoire est omniprésente. La mémoire de l'humanité, essentielle... et dérangeante. L'accumulation est impressionante. Le peu que j'en retiens me renvoie une image fascinante mais "abymée", vertigineuse et qui frise la nausée. Mon terrain d'exploration se situe moins dans cet espace de culture et de mémoire marqué par le génie de l'Homme que dans celui plus silencieux de notre environnement naturel. Le monde végétal, en particulier, offre une forme de permanence, de respiration. Le dialogue s'opère sur d'autres territoires.

(Laurent de Pury, novembre 2011)

 


Les sculptures, de Laurent de Pury ont une indéniable qualité graphique. A tel point que le travail en volume semble souvent avoir pour principal objectif de rendre explicite le tracé inscrit dans la masse d'un corps. Une branche, par exemple, peut ainsi se trouver amaigrie jusqu'à n'être plus que le corps de ce tracé. La ligne émaciée l'emporte sur la ronde-bosse pour suivre un mouvement naturel épuré de tout pittoresque: les baguettes du Forum de Beaulieu, réunies en faisceaux, sont autant de possibles trajets, entre sol et plafond, de lignes sylvestres indéfinies.
 Cette géométrie élémentaire repère et, littéralement, met en relief des situations simples: brusque changement de direction, bifurcation pour cause de ramification, etc. Elle sait aussi les provoquer: intersection de deux lignes, fermeture d'un segment.
 Il n'y a pas d'indétermination dans l'oeuvre de Laurent de Pury, à la différence de ce qui se passe chez cet autre sculpteur de la géométrie qu'est Bernar Venet. Cela ne signifie pas pour autant une soumission exagérée au déterminisme physique. Les tracés qui structurent l'oeuvre sont d'origine végétale ou s'inspirent très franchement des processus de croissance qu'on observe dans ce règne. Une ligne de bois peut suivre le profil de la branche dont elle est dégagée puis se trouver "assistée" de telle façon que sa trajectoire adopte l'allure générale souhaitée. Le plus souvent, la transition est difficile à repérer, signalant une surprenante connivence entre la volonté spontanée de la nature et celle réfléchie du sculpteur. La séparation traditionnelle entre nature et culture n'est pas reconduite, l'ensemble de l'oeuvre interrogeant plutôt la pertinence d'un tel découpage...

(Extrait du texte de Hervé Laurent)

 

Le bois est par excellence "la materia prima" et renvoie à la tradition et au sacré. De cet héritage, Laurent de Pury retient essentiellement deux choses : l'attachement aux valeurs intrinsèques de la matière  - vivante ?- et le rapport à la nature qui la génère. L'artiste affectionne ses pérégrinations en forêt, il a besoin de ce contact avec la nature inspiratrice et productrice de son matériau de prédilection.
Une fois le bois récolté, il coupe, il émonde les branches et les fragments d'arbres et il se laisse inspirer tant par la texture que par les courbes naturelles.
A partir de ces morceaux épars, il taille de fines bandes sinueuses, il les ponce et les laisse à l'état brut.
Puis l'artiste crée ses volumes sur la dichotomie entre le plein et le vide. Il rassemble chaque pièce en une série de trois groupes posés verticalement. La structure paraît à la fois compacte et transparente, chaque élément gardant son indépendance formelle tout en étant constitutif du tout. De Pury revisite l'arbre. De cet archétype fondamental, il ne retient que l'idée du tronc. Point de feuilles, de ramures, ni de racines, mais un entrelacs d'éléments, un condensé de lignes tendues évoquant le flux, l'émergence de la forme et ainsi celle du volume.

Cette construction ascensionnelle, récurrente dans le travail de l'artiste, témoigne aussi d'une volonté d'architecturer l'espace. Cherche-t-il à joindre le sol et le plafond ou au contraire à les disjoindre et ainsi créer un espace à investir? Ce rôle de soutien fictif, cette fonction de pilier d'un édifice virtuel, dialectise le rapport entre l'objet et le lieu. Dès lors, comment regarder sans prendre conscience que tout s'organise autour de la non permanence de la forme, sans considérer que hors du lieu, l'oeuvre n'existe pas. Cela nous renvoie à une réflexion phénoménologique : l'idée de la perte du volume, autrement dit, la confrontation au vide, devient indissociable de l'acte de voir. Le sculpteur, en remplissant l’espace visuel d’une manière éphémère, repense le rapport du volume et du vide. Et de toute évidence, il remet en question, il remet en question notre manière habituelle d’envisager le monde visible en général et celui des oeuvres d’art en particulier !»

En développant ce type de problématique, Laurent de Pury poursuit la quête d'une oeuvre qui soit pertinente dans sa représentation physique aussi bien que dans sa dimension symbolique. En cela, il élargit les formes traditionnelles de la sculpture avec légèreté et finesse.

Regards sur l'art contemporain II, Catherine Othenin-Girard


   
   
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