art contemporain
 
Accueil

Artistes de la galerie

Historique

Exposition actuelle

Exposition à venir

Expositions passées

Artistes invités

Contact

Hans SCHNORF

Terrain vague IX(4), 100 x 220 cm, acrylique on canvas, 2010

Hans Schnorf est né en 1961 à Meilen, il vit et travaille Zürich.

DK: La nouvelle série transition est un reflet de tes nombreux souvenirs visuels d'horizons sur la mer et d'ambiances de lumière naturelles. Même si cette référence figurative est clairement visible sur les tableaux, on peut aussi les interpréter comme des peintures de champs chromatiques. Tu avais déjà exploré l'effet de la couleur dans plusieurs de tes séries précédentes, je pense par exemple à calibration, à terrain vague ou à empty spaces. Quelle relation vois-tu entre ton travail et le «Color Field Painting» classique? Ce mouvement artistique américain de la fin des années 1950 a-t-il joué un rôle important dans ton évolution en tant que peintre?

HS: Rothko ou Ryman sont des références incontournables pour un peintre des tableaux «monochromes». Curieusement pourtant, je me suis longtemps senti plus proche d'artistes comme de Kooning, Bram Van Velde ou Alechinsky que d'un Rothko ou d'un Newman. Ces derniers temps, il m'arrive même parfois d'être presque un peu déçu en me retrouvant devant un Rothko. La réduction que j'ai opérée en passant de tableaux gestuels-expressifs à des champs de couleur «monochromes» découlait d'une logique interne: en effet, je tends quasi automatiquement à omettre le superflu pour me concentrer toujours davantage sur le cœur du message.

DK: L'horizon sur la mer est le motif romantique que l'on représenterait typiquement en mode paysage (horizontal). Du coucher de soleil sur le poster Ikea au Moine au bord de la mer de Caspar David Friedrich, l'immensité s'exprime toujours dans ce format. Or, pour transition, tu as non seulement choisi le mode portrait (vertical), mais fait nettement plus de place au ciel qu'à la mer. Comment expliques-tu le choix très personnel de cette répartition?

HS: L'immensité de l'espace est mieux reflétée en mode vertical. La série transition est en priorité un travail sur le ciel, lieu de l'expression la plus directe de la lumière et de l'espace. Sur mes tableaux, le ciel occupe presque six fois plus de place que la mer et j'ai choisi cette répartition de manière à créer une perception d'équilibre entre le matériel (mer/eau) et l'immatériel (air/ciel).

DK: Dans ta déclaration le peintre et ses tableaux, tu évoques les différents états d'âme qu'un peintre doit mobiliser pour pouvoir les concentrer sur sa toile. On en conclut que pour toi, la peinture est un acte émotionnel. D'un autre côté, j'y discerne aussi des approches conceptuelles: tous les tableaux de transition sont basés sur une clé de répartition constante de leurs éléments sur la surface de la toile. La série le conteur jouait avec la logique arithmétique, la continuation systématique d'une série de nombres. Les œuvres de no comment sont construites sur la répétition stricte et invariable du même motif (un point ou un trait). Comment parviens-tu à un rapport équilibré entre le concept et l'émotion ou, disons, l'intuition du peintre dans ta démarche créative?

HS: Dans transition, mais aussi dans les séries empty spaces, terrain vague et calibration, je respecte , dans chaque série, les mêmes proportions dans la répartition des éléments du tableau. Cette répartition est en quelque sorte la plate-forme sur laquelle se déroule le processus de peinture guidé par les émotions. Par contre, les séries le conteur et no comment sont fondées sur la poursuite à la fois méditative et quasi compulsive d'un processus de travail entièrement prévisible et vide de sens, une quête émotionnelle sur une trame conceptuelle. Pourrait-on parler d'une émotivité contrôlée par l'intellect pour décrire un peu pompeusement ma façon de travailler?

DK: On est frappé par ta palette de couleurs, en majorité terreuses ou à tout le moins discrètes et harmonieuses; les contrastes sont atténués par des dégradés et tes tons ne sont jamais criards. fragments était la seule série qui comportait des tons plus enjoués. Qu'est-ce qui dicte le choix de tes couleurs?
HS: Quand je peins une série, je ressens à chaque fois une tendance à réduire le bruit au profit du silence et à régler la sensibilité de mon sismographe émotionnel au maximum. Ce processus aboutit parfois à des toiles presque «noires» ou «blanches». Les œuvres gestuelles peintes sur petits fragments de bois sont dans un certain sens une réaction, un «coup de gueule» libérateur poussé après une telle suite de tableaux en mode réduit (terrain vague, calibration). Les couleurs enjouées et capricieuses de fragments reflètent bien le caractère spontané et décontracté de la série.

DK: En plus d'exercer périodiquement la médecine, tu mènes deux activités indépendantes - peintre et écrivain. Être écrivain, c'est avoir des talents de narrateur, savoir transmettre le déroulement de l'action, la tension et la culmination. Tandis que le peintre est un contemplateur qui cherche à décélérer le cours des choses et privilégie la vision abstraite. Ces deux activités te permettent en somme d'assouvir deux différents besoins de création. Se peut-il que ton activité d'écrivain, aux antipodes de celle de peintre, ait contribué à influencer ton parcours de peintre? T'a-t-elle été nécessaire pour entamer le processus de réduction et de condensation dans ta peinture? Autrement dit: peindrais-tu différemment si tu n'écrivais pas?

HS: L'écrivain a commencé bien plus tard que le peintre. Je ne crois pas que l'activité d'écriture influence celle de la peinture. Quand j'écris, je cherche à raconter une histoire, tandis que la peinture telle que je la pratique explore quelque chose d'éminemment non-verbal. Mais là aussi, il y a des exceptions, par exemple l'innocence du moment présent, une série figurative et scénique où chaque tableau raconte une histoire.

Deborah Keller (critique d'art indépendante et conservatrice de la galerie d'art d'Arbon) dans son entretien avec Hans Schnorf


Hans Schnorf : La ligne des virtualités

Transition, une expérience ascétique des lignes et plans - mais non des couleurs - accorde aux tableaux une profondeur cachée et une sorte de quiétude même si tout sentiment de l'absence n'est pas écarté.

Là où tout semblerait se dérober, une présence « moindre » demeure l'essentiel Cohabitent dans chaque toile le monde des phénomènes ; le cosmos des choses; le royaume des fictions et la ligne des virtualités. Existe le fantôme d'un univers qui hante en donnant au propos pictural son entière autonomie.

Le peintre est celui de l'anaphore. Son formalisme fait passer le monde à l'état d'architectonie en des structures où la simplicité n'a rien de primaire. Elle crée des tropismes à travers un nouveau type de distribution des données qu'elle instaure par effet de vide et aussi de plein. De subtils vertiges chromatiques sont dégagés de tout propos de décor. D'où cette perfection singulière : elle donne au monde une réalité foncière au moment où il semble disparaître pour mieux renaître de ses cendres.

Jean-Paul Gavard-Perret


Le paysage est le thème de l’exposition de Hans Schnorf à la galerie Rosa Turetsky à Genève. Or le titre donné à cette présentation, Réminiscences de l’inconnu, précise le propos tout en nous renvoyant en direction de l’imprécis, non du vague, mais de la vague! Les petits tableaux sur des planches de récupération de format oblong sont autant de condensé d’une atmosphère et d’une émotion. La vague apparaît comme la superposition de toutes les vagues de toutes les mers du monde, les mers noires se profilent à l’horizon à l’instar d’une chaîne montagneuse et la montagne est un sommet qui figure la nature même de la montagne, une bosse qui invite à l’ascension et reste pourtant inaccessible.


Peints à l’acrylique, ces petits tableaux sont de pures harmonies, jaune safran et bleu opale, vert aqueux et goudron, à la fois opaques et d’une parfaite transparence. Leur brillance ajoute à leur caractère un peu précieux, et surtout poétique. Quant aux bords inégaux de la planche d’origine, ils esquivent ainsi la précision du contour et de la frontière, et insistent sur les notions d’usure et de fragment – mais d’un fragment qui, par l’effet de la suggestion, représente le tout. Pour l’artiste zurichois, il y a continuité entre les précédents tableaux abstraits, quasi monochromes, et cette nouvelle série, dans le sens où le paysage imaginaire, qui rappelle les lavis de Victor Hugo, est en quelque sorte une vue de l’esprit, et que la composition non-figurative reflète un peu de notre monde.

Quoi qu’il en soit, le silence règne ici en maître, car le fin mot demeure inaccessible: «Ce que j’ai dit, relève Hans Schnorf, peut être interprété au mieux comme une note inscrite en marge qui passe à mille lieues de l’essence même du tableau.» Plus intuitif, et aisé d’accès, que par le passé, plus gestuel aussi, même si le geste en question est contenu, miniaturisé, le travail du peintre, ainsi accroché à hauteur de regard, comme une frise, se prête à une lecture axée davantage sur la sensation, et l’émotion, que sur l’intellect.

Hans Schnorf, petites planches visionnaires, Le Temps, 29 février 2016, par Laurence Chauvy

 

Expositions Personnelles

2018 Transition, Galerie Rosa Turetsky, Genève * 2016/2011 Réminiscences de l'Inconnu, Galerie Rosa Turetsky, Genève * 2008 Art Forum Ute Barth, Zürich * 2007 Galerie Rosa Turetsky, Genève * 2005 Galerie Ursula Wiedenkeller, Zürich * 2003 Galerie Ursula Wiedenkeller, Zürich

 

Expositions Collectives (sélection)

2018 Art Genève, Galerie Rosa Turetsky (group show) * 2014 Art Forum Ute Barth: Winter (group show) * 2013 Art Forum Ute Barth, Zürich, BLAU (group exhibition) * 2012 Rosa Truetsky Gallery : "30 ans galerie Rosa Truetsky" * 2010 Dienstgebäude, Zürich: Catch of the year 2 * 2010 Dienstgebäude, Zürich: Catch of the year 2 * 2010 Art Forum Ute Barth, Zürich: Gallery artists * 2009 Galerie Rosa Turetsky, Genève: Autour de la peinture * 2009 Art Forum Ute Barth, Zürich: Summer time color time * 2009 Galerie Rosa Turetsky, Genève: Will

   
   
 
   
   
   
   
© galerie 2014 Galerie Rosa Turetsky - 25 Grand' rue - CH-1204 Genève TEL - 0041 - (0) 22 310 31 05 - email:galerie@rosaturetsky.com - Heures d'ouverture: ma-ve 14h30 - 18h30 sa 10h - 12h et 14h - 17h